Vu au plus récent FFM, très apparenté à Breaking the Waves, tant esthétiquement que thématiquement, ainsi qu'au récent Léa du cinéaste allemand Ivan Fila, ce film brut et dur n'épargne le spectateur en aucun moment, l'entraînant au coeur du destin d'une femme mariée de force à un homme qui la tyrannise et qui n'en a que pour le domaine qu'elle possède et qu'il tente de s'approprier.
On sent l'influence certaine de Dogma et de von Trier dans le traitement des couleurs, l'utilisation de caméras à l'épaule, un style énergique, sur la corde raide, et une interprétation viscérale, très physique, éprouvante même. En même temps, ce superbe portrait de femme rejoint le drame historique traditionnel (il s'agit de l'adaptation d'un classique de la littérature danoise) et repose sur des préoccupations féministes très près également de Liv Ullmann (surtout Sophie, son premier film, dont il est très près).
Premier long métrage d'une cinéaste provenant de la scène théâtrale, ce Lady of Hamre, sans révolutionner un genre prospecté par plusieurs autres avant lui, possède assez de qualités esthétiques et de portée émotive pour constituer une belle rencontre cinéphile.