Vu lors de la plus récente édition de Fantasia, ce In China they eat dogs constitue une belle surprise confirmée par le prix du public - section comédie qui lui a été attribué lors du festival. Au confluent d'influences européennes et américaines, le film démarre comme une comédie acidulée, un peu violente, qui raconte les péripéties impossibles et bientôt cauchemardesques d'un pauvre employé de banque plaqué par sa femme puis entraîné dans une série de situations saugrenues dégénérant, avec l'aide de son frère ultra violent et criminel, du côté du sordide, du surréaliste et du loufoque noir.
Après un début sympathique qui situe d'emblée le travail de ce cinéaste du côté de Tarantino versant Pulp Fiction et de Michael Ritchie (Lock, Stock and Two Smoking Barrels) - violence insoutenable désamorcée par l'humour, personnages caricaturaux, presque bédéesques, situations paroxystiques, stylisation de l'action - le film bifurque allègrement du côté du délire total marqué par une accélération et une accumulation de violences, de cadavres et de situations grotesques sans cesse survitaminé d'un humour noir féroce et jouissif.
Ça donne un film complètement tordant, imaginatif de bout en bout, qui n'a peur de rien et qui assomme le spectateur à coups de scènes chocs qui combinent humour et insoutenable. Une curiosité que les amateurs du genre apprécieront comme un divertissement intelligent, relevé et original, très très drôle. Un film qui confirme sans l'ombre d'un doute la vitalité et la diversité du cinéma danois actuel.